Légion d’honneur : quand la « masse de granit » s’effrite

 Par Michel gay

Napoléon a créé la Légion d’honneur en 1802 pour établir « quelques masses de granit » sur le sol français.

Cette « noblesse démocratique », cette « légion » formée d'hommes et de femmes choisis parmi les meilleurs serviteurs de la France devait inspirer l’exemple selon Bonaparte, alors Premier consul.

Mais lorsque la principale revue des membres de la Légion d’honneur (La Cohorte) participe en mai 2019 à la désinformation des Français en publiant une propagande mensongère pour vanter les mérites illusoires des énergies renouvelables fatales, intermittentes, et ruineuses, alors le granit s’effrite…

Une masse de granit

Vers 1800, la priorité de Napoléon Bonaparte était de reconstruire une France ruinée et désespérée. La Terreur puis le Directoire avaient laissé le pays dans une déliquescence telle que "le peuple avait démissionné" selon le terme de Roederer en juin 1799.

Mais, convaincu qu'aucun redressement ne serait possible sans d'abord réaliser une unité nationale, son grand projet était de réaliser ce qu'il appelait "la fusion". Il s'attela à rassembler toutes les fractions d'un peuple qui se haïssaient et se jalousaient. Il voulait reconstituer des "masses de granit" capables de recréer du lien dans un peuple sans repère.

C'est ainsi que naquît l'idée d'une "noblesse démocratique", d'une "légion" dont l’idéal serait l’honneur qui, selon Bonaparte, devait inspirer l'exemple.

"On a tout détruit" disait-il "il s'agit de recréer. Il y a un gouvernement, des pouvoirs, mais tout le reste de la Nation, qu'est-ce ? Des grains de sable… Nous sommes épars, sans système, sans réunion, sans contact. Tant que j'y serai, je réponds bien de la République, mais il faut prévoir l'avenir. Croyez-vous que la République soit définitivement acquise ? Vous vous tromperiez fort. Nous sommes maîtres de la faire, mais nous ne l'avons pas, et nous ne l'aurons pas si nous ne jetons pas sur le sol de France quelques masses de granit".

Au début du XX ième siècle, deux associations de membres de la Légion d’honneur ont été créées : la Société des membres de la Légion d’honneur (SMLH) en 1921, puis les Décorés au péril de leur vie (DPLV) en 1927 pour rassembler et faire se rencontrer les personnes faisant partie de cette « masse de granit ».

… qui s’effrite ?

La principale revue de la SMLH a publié en mai 2019 (La Cohorte n°236) un article de propagande pour les énergies renouvelables (EnR) et intitulé : "Energies renouvelables - La parité à l'échelle mondiale d'ici quatre ans", dont la source mentionnée est… le Syndicat des énergies renouvelables !

Or, cette « parité » est une affirmation fausse, comme la plupart de celles contenues dans l’article qui ne livrent que des généralités applicables à n'importe quelle source d'énergie, dont le nucléaire.

L'auteure, Laetitia Person, assène des contre-vérités déjà publiées dans un autre article quasiment identique dans « lepetitjournal.com » en avril 2018, et mis à jour en mars 2019, par la même personne.

Ainsi :

« La transition énergétique est en marche ». 

Laquelle ? Celle vers l'énergie nucléaire en Chine ? Il y a actuellement 54 réacteurs nucléaires en construction dans le monde.

« Les énergies renouvelables (EnR) jouent un rôle de plus en plus essentiel dans le développement de systèmes énergétiques modernes et solides ». 

C’est faux !

Ces EnR restent partout marginales (à l'exception de l'hydroélectricité, seule excellente énergie renouvelable, dans quelques pays favorisés dont la Norvège, la Suisse et la France). Au contraire, elles déstabilisent les réseaux et posent de graves problèmes d'équilibre instantané !

Adnan Amin, le directeur de l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA, un des lobbies des EnR) déclare : « S'ils sont correctement gérés, les avantages de la transformation de l'énergie l'emporteront sur les défis ». 

C'est une généralité "creuse" qui ne veut rien dire, et qui s'applique aussi à l'énergie... nucléaire !

« ... des productions électriques capables de concurrencer les technologies traditionnelles sans subventions étatiques ».

C'est faux !

Les subventions étatiques massives constituent toujours le socle du développement des EnR. 

Lorsque l'article évoque des prix "compétitifs", il n'est jamais tenu compte de la gestion de l’intermittence et du coût de la variabilité fatale reportés sur les moyens de productions classiques.

« ... ces énergies vont atteindre la parité à l'échelle mondiale d'ici quatre ans »

C'est faux quel que soit l'endroit du monde ! (sauf pour l'hydroélectricité qui est habilement amalgamée dans les chiffres dans l'article).

« D'un point de vue économique, dans quatre ans, il n'existera plus de raisons valables de ne pas opter pour ce type d'énergie ».

C'est une affirmation "pro-domo" gratuite et encore fausse !

« ... l'IRENA (International Renewable Energy Agency) estime que la part de ces énergies dans la consommation finale de nombreux pays peut atteindre au moins 60% ».

C'est encore et toujours une affirmation gratuite et fausse reposant sur des études « bidons » aux hypothèses fantaisistes.

« La Chine par exemple, pourrait accroître la part de ces solutions alternatives dans sa consommation d'énergie de 7% aujourd'hui à 67% en 2050 ».

On notera le conditionnel… mais cela reste totalement irréaliste ! La production d'énergie de la Chine est fondée sur le charbon et le gaz pour au moins encore 100 ans, et ce pays construit actuellement 11 réacteurs nucléaires et vient de mettre en service les deux premiers EPR au monde...

« Dans l'Union européenne, cette part pourrait passer d'environ 17% à plus de 70% ».

Le conditionnel est de rigueur et chacun est libre de raconter n'importe quoi...

L'auteure de l’article aurait tout aussi bien pu écrire la même chose pour le nucléaire !

« Quant aux Etats-Unis, ils pourraient voir ces proportions atteindre deux tiers ou plus ».

Sauf qu'en ce moment, ce pays investit massivement dans le gaz et le pétrole de schiste et se désengage des EnR !...

"Les EnR permettent de faire des choix optimisés d'un point de vue économique et environnemental".

C'est encore faux !

Les EnR ont besoin de plus de métaux et de béton, et émettent plus de déchets et de gaz à effet de serre par kWh produit que le nucléaire...

« L'Inde affiche également une ambition profonde sur la part de ces solutions propres dans les nouvelles installations de production électrique ».

Sauf que l'Inde (comme la Chine) inclut le nucléaire dans les solutions "propres" ! Ce pays construit actuellement 7 réacteurs nucléaires et des négociations sont en cours avec la France pour la commande de 6 EPR !

« L'éolien, même s'il présente de la volatilité, a une capacité de production en continu ».

C'est encore faux !

Le vent est régulièrement faible, voire absent, en Europe. Le "foisonnement" éolien est quasiment inexistant non seulement en France, mais aussi en Europe et pendant de longues périodes !

« Pourtant, les coûts sont tels qu'aujourd'hui, le solaire aura bientôt la préférence ».

C'est faux !

Le solaire photovoltaïque est la plus ruineuse et la plus intermittente des sources d'énergies ! Et "la preuve" donnée par l'auteure de son affirmation est une estimation... du lobby des EnR, l'IRENA. Voilà une "preuve" solide et incontestable !

« Le commissaire européen en charge de l'énergie met en garde contre une crise énergétique sévère d'ici vingt ans si rien n'est fait ».

Oui, il a raison !

Le développement des EnR conduit l'Europe dans le mur et il faudrait rapidement arrêter cette erreur stratégique majeure catastrophique et ruineuse pour tous les citoyens !

Mais je ne crois pas que l'auteure l'entende dans ce sens-là...

Enfin, il est indiqué que « les énergies renouvelables peuvent être considérées comme inépuisables à l'échelle du temps humain ».

Le nucléaire durable aussi. Il y a actuellement plus de 8000 ans de réserve de combustible (uranium et thorium) pour les réacteurs surgénérateurs en France, et plus de 10.000 ans dans le monde, ce qui peut aussi être considéré comme "inépuisable à l'échelle du temps humain".

« Les énergies renouvelables sont générées à partir de phénomènes naturels, comme l'eau, le soleil, le vent, la chaleur produite par la terre ».

Rappel : la chaleur de la terre résulte en grande partie de sa radioactivité naturelle et la réaction nucléaire de fusion de l’hydrogène dans le soleil et de fission de l'uranium dans un réacteur sont aussi des phénomènes naturels...

L'énergie nucléaire est donc verte à l'aune de ces critères...

Tout fout le camp ?...

Lorsque la revue de la Société des membres de la Légion d'honneur (SMLH), principale association de légionnaires, se permet d’offrir une telle tribune à une propagande mensongère pour des sources d'énergies ruineuses dont les Français n’ont pas besoin (sauf hydroélectricité), alors les repères disparaissent et la « masse de granit » voulue par Bonaparte s’effrite…

 

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