Macron cherche un créneau entre Greta et Donald (Trump)

Par Michel Gay

Avant de se rendre à Bruxelles pour un sommet européen consacré notamment à la question du climat, Emmanuel Macron a rencontré le 12 décembre à l'Élysée 80 étudiants et chercheurs lauréats du programme "Make our planet great again" lancé il y a deux ans.

Le Président a fait le point sur l’initiative qu’il avait lancée le 1er juin 2017 pour réagir à la décision des États-Unis de sortir de l’Accord de Paris sur le climat, en détournant la célèbre formule de Donald Trump « Make our country great again ». Il avait alors demandé aux chercheurs et aux étudiants de rejoindre la France pour mener la lutte contre le réchauffement climatique avec un budget coquet de 60 millions d’euros débloqués pour les accueillir.

Il a regretté qu’il soit difficile de se faire entendre entre le « club Greta » Thunberg impatient d’accélérer les mesures contre le changement climatique et le « club Donald » Trump climato-sceptique qui estime que l’homme n’est pas à l’origine des variations du climat.

« Il y a plein de gens qui ont envie de changer mais c’est vachement dur car ça ne va jamais assez vite pour Greta et c’est toujours trop pour Donald».

Un club « Manu » ?

« Je voudrais qu’on fasse notre club à nous avec l’objectif d’arriver à ce que les gens changent leur comportement, comprennent que c’est possible et qu’on les accompagne » a-t-il poursuivi.

Emmanuel Macron a donc demandé aux chercheurs présents de l’aider « à convaincre les décideurs et l’opinion pour rendre le changement acceptable ».

Ce club serait fait « de choses assez positives, sans être naïves, incitant les citoyens à changer leurs comportements, qu’ils comprennent que c’est possible […] avec des gestes quotidiens, soutiennent un changement de trajectoire dans les politiques publiques et acceptent d’acheter, de consommer, d’investir différemment ».

Serait-ce encore un « machin » inutile installé sur l’autel de la communication ?

Sur environ 200 doctorants, post-doctorants et chercheurs sélectionnés pour cette initiative, une quarantaine seulement vient des États-Unis.

Un « new deal »

Le Président souhaite « une nouvelle mondialisation, qui s’appuierait sur les conseils éclairés et argumentés des scientifiques. La mondialisation qu’on a connue est une mondialisation du commerce, des biens, financière et numérique. Il y a un contre-modèle : une mondialisation du savoir et de la bonne volonté. J’y crois profondément.

Face à l’internationale de l’obscurantisme, il y a une internationale du savoir et des bonnes volontés. La nôtre ».

Puisse-t-il être entendu… « Vaste programme » (ou « lourde tâche ») comme aurait dit le général De Gaulle.

Mais quelqu’un pourrait-il signaler à notre Président de la République, qui apparemment l’ignore, qu’il existe déjà en France une Académie des sciences que personne n’écoute. Pluridisciplinaire et ouverte à l’international, elle est riche de 266 membres, 115 associés étrangers et 70 correspondants, élus parmi les scientifiques français et étrangers les plus éminents. Ce n’est pas suffisant ?

Il existe aussi une Académie des technologies placée sous la tutelle du Ministre de la recherche et composée de 328 membres dont les rapports restent lettres mortes et que les médias ignorent largement.

Ces 60 millions d’euros, cet argent public issu des impôts et taxes des Français, n’auraient-ils pas été plus utiles ailleurs ?

Et si, au lieu d’aller chercher loin des experts parfois auto-proclamés, nos élus, y compris au plus haut niveau, commençaient par écouter les scientifiques et chercheurs de nos Académies ?

 

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23 décembre 2019
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