Pourquoi l’Europe a-t-elle tant négligé le nucléaire ?

Stupeur et tremblements

La réponse est simple : par bêtise et par dogmatisme. L’Union européenne, notamment l’Allemagne qui défend son industrie, veut écarter le nucléaire par dogmatisme politique « vert » antinucléaire en s’ingéniant à effrayer les citoyens.

Ses « élites » utilisent les grands médias pour distiller régulièrement une peur irraisonnée parmi la population, d’autant plus facilement que le sujet est compliqué.

Que l’Allemagne assume ses choix ! Mais qu’elle veuille les imposer à tous les autres devient insupportable.

De plus, certains producteurs d’électricité (gaz, éolien, photovoltaïque, et même charbon) s’acharnent à écraser le nucléaire, ce concurrent redoutable de leurs affaires, afin de préserver leurs intérêts financiers au détriment de l’intérêt général.

 

Pourtant, le nucléaire constitue une ressource décarbonée durable (quasiment infinie à l’échelle humaine) de production d’électricité et de chaleur utilisée pour le chauffage en Chine.

Mais l’Europe regarde naïvement ailleurs vers les fausses solutions des sources d’énergies diffuses, aléatoires et intermittentes du vent et du soleil incapables de répondre à ses besoins en temps réel sans d’immenses stockages ruineux, techniquement irréalisables, et inexistants.

Une prise de conscience ?

Le gouvernement français louvoie encore et toujours. Cependant, malgré son célèbre « en même temps », il semble enfin comprendre que vouloir remplacer les combustibles fossiles carbonés (gaz, pétrole, charbon) par de l’électricité décarbonée implique de développer un programme important et de long terme d’électricité d’origine nucléaire non tributaire de l’ensoleillement et des vents.

Le traitement des déchets nucléaires est déjà résolu techniquement et il est pérenne.

Les militants d’une sortie du nucléaire en Europe font fausse route en agitant les épouvantails de la dangerosité et des déchets nucléaires « dont on ne saurait pas quoi faire ». Ils doivent se rendre à l’évidence : seule l’électricité d’origine nucléaire permettra d’alimenter l’Europe en énergie, notamment en électricité, de manière sûre en réduisant les émissions de gaz à effet de serre.

Tous les experts s’accordent pour stocker à grande profondeur des déchets nucléaires de Haute et Moyenne Activité à Vie Longue (HA-MAVL) dans des couches géologiques stables et anhydres depuis des millions d’années (l’enquête d’utilité publique a rendu ses conclusions positives depuis 2 ans).

Pourtant, le décret d’utilité publique n’a toujours pas été publié.

Or, l’Agence Nationale pour la gestion des Déchets RAdioactifs (ANDRA) ne pourra demander le décret d’autorisation de création de ce stockage (dossier demandant au moins 3 ans d’instruction) à l’Autorité de Sureté Nucléaire (ASN) qu’après la publication de ce décret.

Tergiversations politiques

Pourquoi la puissance publique tergiverse-t-elle autant ?

Il faut espérer que cette « non-décision » n’est pas liée aux élucubrations de l’Autorité environnementale qui remet en cause les appréciations de la Commission nationale d’experts sur ce sujet depuis plus de 10 ans.

Aujourd’hui tous les pays ont fait le choix du stockage géologique afin que ces déchets particuliers ne soient plus à surveiller par les générations futures.

L’Europe et la France

L’Union européenne a donc négligé le nucléaire depuis plus de 20 ans par pure bêtise entretenue par les anathèmes récurrents contre l’énergie nucléaire pour satisfaire de puissants intérêts financiers abreuvés par de monstrueuses subventions publiques.

Elle commence à s’en mordre les doigts en s’apercevant tardivement de sa dépendance grandissante au gaz (russe et américain) et au charbon (allemand et américain) pour produire son électricité malgré ses grandiloquentes déclarations pour lutter contre le réchauffement climatique.

Elle a cru sottement (ou elle a voulu faire croire…) qu’en ne mettant pas tous « ses œufs dans le même panier », elle améliorerait la situation, ce qui est faux : il ne sert à rien d’ajouter des œufs pourris (éoliens et photovoltaïques) dans d’autres paniers ou, pire encore, de retirer des œufs sains (nucléaires) pour les remplacer par des œufs pourris.

Dans quelques années, lorsque la situation se sera encore davantage dégradée, l’Europe dira benoitement « Comment a-t-on pu en arriver là ? ».

Indépendamment de ses voisins européens, et pour accroitre son autonomie énergétique qui ne reposera jamais sur le vent et le soleil, la France devrait s’engager résolument dans :

  • un grand programme nucléaire visant à satisfaire en 2050 au moins 80% de sa consommation d’électricité appeler à augmenter significativement pour se substituer aux énergies fossiles.
  • le développement d’un nouveau prototype de réacteur surgénérateur pour utiliser plus intelligemment le plutonium, et surtout les 000 tonnes d’uranium appauvri dont la France disposera sur son sol en 2050 pour l’alimenter en électricité et en chaleur pendant plus de… 7000 ans !

L’énergie nucléaire de fission de l’uranium et/ ou du thorium représente l’avenir de la France, de l’Europe et du monde. Nos descendants se demanderont dans 50 ans, ou dans les siècles à venir, comment cette génération a pu autant tergiverser sur ce sujet, croire en des chimères, perdre son talent, et se ruiner dans l’impasse des énergies diffuses et aléatoires du vent et du soleil.

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