Vers 100 % d'électricité nucléaire en 2070, avec appoint gaz.

L’Agence de l’Environnement et de la Maitrise de l’Energie (ADEME), qui a publié l'étude "Un mix électrique 100% renouvelable en 2050 ?", aurait dû publier en même temps l’autre cas d’école «Vers 100 % d'électricité nucléaire en 2070».

Cette agence nationale fourmillant d'experts aux compétences anti-nucléaires reconnues doit bien receler aussi quelques experts pro-nucléaires. Le citoyen français est en droit d’attendre cet équilibre des points de vues de la part d'une agence publique d’un pays où le nucléaire, fleuron de notre économie, produit les trois quarts de notre électricité de façon sûre et bon marché.  

Championne incontestée depuis plus de 40 ans en matière de production d'énergie et d’environnement, l'électricité nucléaire devrait être au cœur de la mission confiée par les contribuables à l’ADEME qui semble pourtant avoir peur du nucléaire.

La peur est mauvaise conseillère pour guider les choix qui doivent définir le futur paysage énergétique durable, efficace et propre pour la France. Malgré les campagnes de désinformations après Tchernobyl et "Fukushima" (dont le tsunami dévastateur a provoqué prés de 20 000 morts, mais dont la centrale nucléaire de Daiishi n'a fait aucune victime), le nucléaire se développe dans le monde. Plus de 70 nouveaux réacteurs sont en construction sur la planète. Un seul est en construction en France, et aucun en Allemagne, championne de la peur du nucléaire.

A côté du cas d’école « 100 % renouvelable », l’autre cas d’école « 100 % nucléaire » devrait lui aussi avoir toute sa place.  

Les raisons ne manquent pas :  

1) l’électricité nucléaire est aujourd’hui la moins chère (autour de 42 €/MWh[1] si on en croit le tarif de revente par EDF à ses concurrents, et entre 33 et 59,8 €/MWh selon les rapports 2013 et 2014 de la Cour des Comptes). Elle le sera encore en 2050 car elle n’est pas intermittente, ne nécessite pas de stocker l’électricité, et assume les coûteux « services système » de régulation du réseau électrique national et européen;  

2) elle apporte une meilleure indépendance énergétique;  

3) le « nucléaire durable » aura probablement fait son apparition en 2050, même si l’ADEME l'oublie (une étourderie sans doute).

La Cour des Comptes a dissipé les prétendus « coûts cachés » du nucléaire en montrant que tous les coûts passés (notamment ceux de la recherche électronucléaire publique depuis 1957), ainsi que tous les coûts futurs de démantèlement et de gestion des déchets ont déjà été payés par les consommateurs, et plus de 40 milliards d’euros ont été provisionnés par les industriels.

Ces mêmes rapports situent l’éolien terrestre entre 62 et 102 €/MWh et le photovoltaïque entre 114 et 547 €/MWh. Il faut rappeler que le consommateur, via la Contribution au Service Public de l’Electricité (CSPE), va continuer à payer l’électricité produite par les premiers capteurs solaires installés par des particuliers en 2009 au prix de…630 €/MWh, jusqu’en 2029.  

Le consommateur exige du courant quand il en a besoin.

Aujourd’hui, sur les marchés de gros européens, des MWh éoliens et solaires allemands ne trouvent pas acquéreurs, car décalés par rapport à la demande. La solution proposée : stocker l’électricité renouvelable. Mais personne ne sait le faire, ni à l'échelle de la France, ni à celle de l'Europe, et les coûts vont s’envoler.  

Et si en 2070, l'ADEME visait 100% d'électricité nucléaire avec un petit appoint gaz ?

[1] MWh : mégawattheure, ou million de wattheures, ou millier de kilowattheures. 

 

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