Origine du dogme antinucléaire

Par Michel Gay

La radioactivité, impalpable, invisible et sans odeur, est un sujet naturellement angoissant qui favorise les mensonges antinucléaires afin d’attiser les peurs irrationnelles.

Qui a raison ?

Est-ce celui qui annonce que le radon de la Forêt Noire provient de Tchernobyl, ou celui qui fait remarquer que c’est un gaz naturel issu du sol depuis la nuit des temps ?

Est-ce celui qui annonce que la radioactivité a provoqué des millions de morts suite à la catastrophe de Tchernobyl, ou celui qui annonce 31 morts ?

Est-ce celui qui annonce que le nuage radioactif de Tchernobyl qui a survolé la France est mortel, ou celui qui annonce que ses retombées sur une partie de la France ne présentent aucun danger pour la santé de la population ?

La vérité serait-elle quelque part au milieu ?

Mais où est le milieu entre 31 morts et des millions ? Doit-on trancher la poire en deux et accepter « quelques centaines de milliers » ?

Si un objet est blanc, mais que certains affirment qu’il est noir, doit-on définir un « compromis » pour dire qu’il est gris ? S’il est blanc, la vérité est qu’il est blanc. Au nom de quel « compromis » ou de quel « consensus » devrait-on dire qu’il est gris ? Pour faire plaisir à qui ?

Tintamarre antinucléaire

Devant la déferlante antinucléaire, soutenue par des médias friands de croustillants et répandant la peur auprès du public pour améliorer leur audience, il apparaît nécessaire de détromper les populations.

Car il y a tromperie ! (Dogma[1], Nucléaire : mensonges et propagande : page 96)

Mais quand la manipulation, l’idéologie antinucléaire[2] et parfois l’ignorance gangrènent les esprits, il est difficile de faire entendre une voix différente[3] dans le tintamarre émotionnel d’une époque.

L’origine du mouvement antinucléaire

A l’origine du mouvement antinucléaire, il y a surtout, en 1969, le « Comité Anti-Tsunami » (Don’t Make a Wave Committee), un petit groupe d’activistes s’opposant aux essais nucléaires américains dans les îles Aléoutiennes. Selon eux, ces essais allaient créer un tsunami qui ravagerait les côtes canadiennes. Les essais eurent lieu sans même qu’une vaguelette n’arrive jusqu’au Canada. Cependant, le Comité Anti-Tsunami réussit à mobiliser l’opinion publique, suite à quoi les États-Unis arrêtèrent leurs essais sur ces îles après 1971.

En 1972, ce comité se renomma… Greenpeace !

Très rapidement, Greenpeace se diversifia dans d’autres combats, notamment contre la chasse à la baleine et… le nucléaire civil ! Grâce à ses bateaux, ses actions étaient spectaculaires et largement relayées par la presse. Greenpeace se développa et réussi à créer une remarquable « pompe à fric », récoltant par ses actions médiatiques le soutien financier de millions d’adhérents.

Un célèbre leader écologiste, Brice Lalonde, a clairement expliqué[4] (dans la revue « Futurible » de juin 1985, pages 87 et 88), le mécanisme « totalitaire » à l’origine de la désinformation antinucléaire par les mouvements écologistes : « L’écologie politique est devenue une caricature de force politique, le croupion des acteurs classiques de l’ère industrielle, la voiture balai du marxisme-léninisme agonisant. (…) Les meneurs du mouvement écologiste ont lâché prise et abandonné à lui-même un débat majeur qu’ils avaient délibérément choisi de lancer : le nucléaire (ayant longtemps hésité entre les centrales et la bagnole). Le conflit ouvert est mobilisateur, il suscite le militantisme ».

C’est ainsi que l’écologie va cristalliser cette « évidence » : un « vrai » écologiste « doit » être antinucléaire. Il existe cependant quelques associations environnementalistes favorables au nucléaire, parmi lesquelles Sauvons le Climat[5] et l’Association des Écologistes Pour le Nucléaire (AEPN[6]).

Les médias piégés par ce paradigme ont suivi cette direction. Ils ont amplifié les griefs émotionnels en s’associant à la danse macabre des associations antinucléaires, plutôt que de chercher à répondre aux questions de fond telles que l’approvisionnement énergétique, le bien-être d’une population mondiale en augmentation, et la stabilité de l’économie.

Des mensonges

« Tout mensonge répété devient une vérité », constatait Chateaubriand dans ses Mémoires d’outre-tombe. Hitler avait fait le même constat[7] : « Un mensonge répété dix mille fois devient une vérité ».

Pour les uns, il est plus facile et plus rentable de vendre des mensonges catastrophistes que des arguments étayés et rassurants.

Pour d’autres, la manipulation des émotions est un outil de travail pour défendre des intérêts mercantiles, ou pour conforter un dogme, ou une idéologie.

A quoi sert de dire la vérité

Quand le premier militant venu,

« Expert » braillard et trop écouté,

L’écrase et l’empêche d’être entendue.

Il faut attendre que le temps passe,

Et la réalité fait surface.

Mais quelques lignes en bas d’un journal

N’extrairont pas le germe du mal

Planté tout au fond de la conscience

D’une population en mal de science.

Ainsi va la vie…

 

[1] https://dogma.lu/edition-15-printemps-2021/

[2] https://www.contrepoints.org/2021/10/08/408001-politique-energetique-europeenne-un-desastre-antinucleaire

[3] https://www.vive-le-nucleaire-heureux.com/

[4] https://www.vive-le-nucleaire-heureux.com/

[5] https://www.sauvonsleclimat.org/fr/

[6] https://ecolo.org/

[7] https://www.lequotidien.com/2020/08/25/le-doute-raisonnable-ca2ef119bcbefde0409fc440deebedc3/

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