Réduction du nucléaire : un coup deux fois perdant.

Par Michel Gay et Gérard Petit

L’opinion, trompée par un discours mensonger, croit que le développement des énergies renouvelables est associé à la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES). Or, en France, il se substitue au nucléaire non émetteur de CO2. Ce paradoxe est évidemment escamoté, toute occasion de réduire la part du nucléaire étant saisie.

Cela reviendrait à confier la compensation de l’intermittence des éoliennes et des panneaux photovoltaïques à des centrales à gaz ou à charbon, avec inéluctablement un accroissement des émissions de GES par rapport à la situation actuelle. Cette orientation serait contraire à l’engagement pris au cours de la COP 21 en décembre 2015 à Paris.

La réduction du nucléaire aurait donc pour effet d’augmenter nos importations de combustibles fossiles et nos émissions de GES : un coup deux fois perdant.

CIGEO, ou le bel avenir des ZAD

Michel Gay et Gérard Petit

03 août 2016

L’interminable feuilleton « Notre Dame des Landes », dont plusieurs « saisons » restent encore à écrire, a passionné les médias. Ils ont aussi suivi avec gravité l’assèchement tempétueux de la flaque d’eau de Sivens. Selon toute vraisemblance, ils se passionneront pour le prochain avatar de ce type de convulsion en Lorraine, où ont démarré les travaux préliminaires du Centre industriel de stockage géologique des déchets nucléaires (CIGEO).

En matière d’entraves à ce projet, plusieurs galops d’essais ont déjà eu lieu qui augurent bien des batailles à venir.

L’enjeu sera présenté comme dépassant largement le vocable « ZAD » (zone à défendre). En effet, le conflit sera déplacé vers le champ philosophique de la mise en péril des générations futures qui sera brandie sans ciller. De quoi mobiliser et « ratisser » large.

Brexit et nucléaire : une aversion fabriquée et entretenue

Par Michel Gay et Gérard Petit

L’exemple récent du Brexit a montré, comme avec le nucléaire, l’efficacité du conditionnement d’une opinion en orchestrant une détestation au lieu d’une critique constructive. Les conséquences seraient bien plus désastreuses en cas de sortie du nucléaire.

Il aura suffi de mouvements conjugués attaquant les fondements du système européen en Angleterre pour que, malgré un bilan plus qu’honorable, ce dernier soit rejeté par un vote sous la vindicte populaire.

De même, depuis la mine d’uranium jusqu’au stockage géologique des déchets, il n’est pas un maillon de la chaîne de production d’électricité nucléaire qui ne subisse les assauts répétées des opposants à cette source d’énergie.

Ce déferlement orchestré est digne de Panurge. Effrayer les moutons pour obtenir un mouvement d’ensemble donne l’assurance trompeuse d’avoir raison dans un sentiment majoritaire démocratique.

Schéma du circuit annuel  du combustible nucléaire  en France en 2015

circuit combustible 2015

  • Le minerai contenant de l’uranium (Pechblende) est extrait de mines souterraines ou à ciel ouvert dans environ 10 pays (USA, Canada, Niger, Australie, Kazakhstan, Russie,…). La concentration d’uranium naturel (Unat) dans les mines exploitées varie de 3 kg à 100 kg (Canada) par tonne de minerai extrait. Dans l’exemple du schéma, la teneur moyenne a été fixée arbitrairement à 7,6 kg/tonne. Pour un million de tonnes de minerai on obtient donc 7600 tonnes d’Unat. La croûte terrestre contient 3 g d’uranium naturel par tonne. Creuser un trou de 10 m de coté et de 10 m de profondeur dans son jardin, c’est extraire en moyenne 3 kg d’uranium. En 2011, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA[1]) évaluaient à 6 millions de tonnes les ressources récupérables à un coût inférieur à 130 USD/kg. Le monde consommant 60.000 T d’Unat par an, au rythme actuel, il y a pour 100 ans de réserve exploitable dans des conditions économiques raisonnables. "Il faut ajouter à ce chiffre les « ressources supplémentaires estimées », celles dont les études démontrent l’existence, évaluées à 10,5 millions de tonnes, et dont la mise à jour ne fait guère de doute. Au total, avec ces 16 millions de tonnes d’uranium dont la disponibilité semble pratiquement acquise la durée de fonctionnement du parc nucléaire mondial au rythme actuel de consommation est de plus de 2 siècles. Précisons que ces chiffres découlent de réserves dont l’exploitation est estimée à moins de 130 dollars le kilo. Si l’on portait conventionnellement ce prix à 200 dollars le kilo, par exemple, le montant global des ressources estimées serait nettement supérieur aux 16 millions de tonnes annoncées…et la durée de fonctionnement du parc en serait allongée d’autant[2] ".

La reconstruction d'une Europe de l'énergie et la "désespérance" du marché de l'électricité (selon France Stratégie)

Par Michel Gay

Il est parfois bon de lire une brève synthèse, ou des extraits, de certains rapports officiels perdus dans les méandres d'internet et que personne, ou presque, ne connaît. Leur contenu permet parfois de mieux comprendre la situation actuelle et notre avenir.

Il en est ainsi du rapport "Climat : comment agir maintenant ?" (avril 2016) de France Stratégie[1] qui est un organisme de réflexion et d'expertise placé auprès du Premier ministre.

Ce rapport évoque notamment la "reconstruction d'une Europe de l'énergie" dont le marché de l'électricité est "en désespérance", et même "en ruine".

En voici quelques extraits choisis afin, éventuellement, de susciter suffisamment votre curiosité pour aller lire tout le texte (8 pages) :

"L'énergie carbonée restera vraisemblablement abondante et accessible à un coût modéré".

Vers 100 % d'électricité nucléaire en 2070, avec appoint gaz.

L’Agence de l’Environnement et de la Maitrise de l’Energie (ADEME), qui a publié l'étude "Un mix électrique 100% renouvelable en 2050 ?", aurait dû publier en même temps l’autre cas d’école «Vers 100 % d'électricité nucléaire en 2070».

Cette agence nationale fourmillant d'experts aux compétences anti-nucléaires reconnues doit bien receler aussi quelques experts pro-nucléaires. Le citoyen français est en droit d’attendre cet équilibre des points de vues de la part d'une agence publique d’un pays où le nucléaire, fleuron de notre économie, produit les trois quarts de notre électricité de façon sûre et bon marché.  

Le nucléaire est l'avenir de nos enfants !

La baisse inéluctable de la production des hydrocarbures, les faiblesses des énergies du vent et du soleil, ainsi que la volonté de diminuer les émissions de gaz à effet de serre ont ajouté une nouvelle légitimité "écologique" à la production d'électricité nucléaire. Elle pourrait constituer le socle de l'avenir énergétique de l'humanité malgré la vigoureuse opposition d'une frange militante. La Chine, les Etats-Unis[1] et l'Inde évoquent les "énergies propres" dans lequel elles incluent… le nucléaire au même titre que les énergies renouvelables.  

De toutes les qualités prêtées un peu vite à ces dernières, la plus fallacieuse est la gratuité issue d'une mystique néo-rousseauiste. Le soleil, le vent, la géothermie, les marées seraient offerts généreusement par "Mère Nature" et nous n’aurions qu’à puiser dans le trésor.

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