Le secret du nucléaire durable :des neutrons « rapides » et du plutonium 

Par Dominique Grenêche et Michel Gay

La surgénération consiste à créer dans un réacteur nucléaire de la matière fissile artificielle, essentiellement du plutonium, en quantité supérieure à celle consommée en fonctionnement.

Pour utiliser une image, il s’agit littéralement de fabriquer dans une voiture plus de carburant en roulant que celle-ci en consomme !

Une prouesse incroyable !

Cette prouesse est parfaitement réalisable. Elle a même été mise en œuvre à l’échelle industrielle en France et dans plusieurs pays.

Mais elle n’est physiquement possible qu’avec du plutonium !

C’est en effet le seul élément dont l’isotope principal (le Pu-239) émet un nombre de neutrons nettement supérieur à 2 (2,33) lorsqu’il est cassé par des neutrons rapides dans des réacteurs spécialement conçus appelés… « réacteurs à neutrons rapides » (RNR).

Dépendance à l’uranium russe : mythe ou réalité ?

Par Michel Gay

Suite à l’invasion de l’Ukraine par la Russie, les sanctions économiques mises en place contre la Russie ont épargné l’uranium. Serait-ce à cause d’une trop grande dépendance ?

Mais de quoi parle-t-on ? Que place-t-on sous le vocable « uranium » ? Qui est dépendant de qui et de quoi ?...

Les États-Unis voudraient bien se substituer à la Russie, ce qui changerait simplement la dépendance de l’Europe à un autre pays… comme pour le gaz !

De quoi s’agit-il ? Il y a uranium et… uranium (Unat, UE, Uapp, URT, URE, …)

Il existe au moins cinq types d’uranium :

Commençons par le début : l’uranium naturel (Unat, issu du sous-sol) contient 99,3% d’uranium 238 (U238) et 0,7% d’uranium 235 (U235).

Les « e-fuels » : illusions et désillusions

Par Michel Gay

Les « e-fuels », aussi appelés e-carburants ou carburants de synthèse, sont reconstitués à partir d’eau, d’électricité décarbonée (nucléaire, hydraulique, éolien et solaire, …) et de gaz carbonique (CO2).

Ils pourraient représenter une remarquable solution durable de substitution au pétrole (et à ses dérivés), ainsi qu’au gaz, dans les secteurs les plus difficiles à décarboner en « électrifiant » indirectement les transports aériens, maritimes, les camions et les voitures, tout en créant de l’activité en France et des emplois industriels.

Euréka ! Extraordinaire ! Révolutionnaire ! Miraculeux !

Hélas, il y a des obstacles rédhibitoires et des désillusions sur la route qui mène au Graal d’un monde sans combustibles fossiles…

Lettre ouverte à Madame Agnès Pannier-Runacher,

Ministre de la Transition énergétique

Objet : Le nucléaire et la Commission européenne

 

Madame la Ministre de la Transition énergétique,

Cette lettre ouverte souhaite attirer votre attention sur la récente attitude en 2023 de la Commission Européenne concernant la prise de position favorable à l’atome de la Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE) en 2020.

J’ai interrogé par courrier la Présidente de la Commission Européenne, madame Van der Leyen, sur sa politique nucléaire le 28 mars 2023 (PJ a812). Cette lettre a été publiée sous forme d’un article sur le site de Contrepoints le 30 mars 2023.

Par la suite, j’ai échangé deux courriers par emails avec la Commission sous signature commune avec Lionel Taccoen.

La Présidente a confié sa réponse à deux hauts fonctionnaires de la Commission (Hans Rhein par courrier postal le 19 juin 2023 (PJ a812b) puis, suite à ma réponse du 22 juin (a812d), Andrei Ionut Florea par email le 19 juillet (PJ a812e) auquel j’ai répondu le 23 juillet (PJ a812f), et qui m’a écrit le 11 août (PJ a812h).

Voici en résumé les échanges les plus marquants :

Énergie nucléaire : le triple don de Dieu !

Par Michel Gay

Trois véritables miracles de la nature permettent au génie humain de maitriser l’énergie nucléaire pour produire durablement de l’électricité en abondance. Sans cette triple particularité (ce don de Dieu ?) enfouie au plus profond de la matière, l’énergie nucléaire ne serait contrôlable pour produire de la chaleur et de l’électricité.

Le premier miracle

L'uranium 235 (U235) est le seul élément « fissile » (qui peut fissionner, se casser) naturel restant sur Terre après l'explosion de la supernova qui a donné naissance au système solaire il y a plusieurs milliards d’années. Tous les autres éléments ayant cette propriété ont disparu de la Terre depuis leur création.

Lorsqu’il est percuté par un neutron, le noyau de son atome (qui contient 235 protons et neutrons), il se casse en deux ou trois « morceaux » en libérant de l’énergie.

L’U235 représente actuellement 0,7% de l’uranium naturel (abondant sur terre) contenant 99,3% d'un autre uranium légèrement différent : l’uranium 238 (U238). Ce dernier n'est pas fissile mais « fertile » car il peut devenir fissile en absorbant des neutrons au cours des réactions nucléaires.

L’Allemagne sur la voie de la rédemption énergétique

Après l’échec cuisant de sa transition énergétique, nommée « Energiewende », inefficace et de plus en plus impopulaire fondée sur des éoliennes et des panneaux solaires, l’Allemagne devra bientôt aller à Canossa en redéveloppant l’énergie nucléaire si elle souhaite vraiment se passer du gaz et du charbon.

Ira-t-elle à genoux ou existe-t-il une sortie honorable ?

Deux modèles énergétiques incompatibles

Entre la France pronucléaire et l’Allemagne antinucléaire, pro-renouvelables… (et aussi pro-gaz russe et charbon allemand), la stratégie énergétique pour l’Europe constitue un sujet de discorde.

D’autant plus que Berlin veut imposer son « modèle » énergétique délirant à toute l’Europe.

L’Allemagne fait dorénavant face à une crise énergétique majeure qui ébranle son économie et son industrie. Son « Energiewende », tant vantée par les institutions de l’Union européenne (UE) sous influence allemande et par certains mouvements écologistes, vacille.

L’Allemagne utilise toujours ses centrales au lignite issu de son sous-sol, un combustible de mauvaise qualité encore plus émetteur de carbone et de CO2 que le charbon.

La colère monte dans le pays contre une stratégie coûteuse, voire ruineuse, qui met en péril la souveraineté du pays, et inefficace pour faire baisser les émissions de gaz à effet de serre.

Le nucléaire, le citoyen, et l’élu

Article inspiré du débat « Penly » organisé par la Commission nationale du débat public (CNDP)

Par Frédéric Livet et Michel Gay

Informer les citoyens français sur les propositions gouvernementales de construire de nouvelles centrales nucléaires est une tâche ardue face aux mensonges des antinucléaires et à la désinformation institutionnalisée et quasi-généralisée des grands médias.

Une source d’électricité pilotable et décarbonée doit assurer « la permanence »

Quelques parlementaires, journalistes, et « ONG » ont réussi à faire dérailler la presse, parfois complice. Une désinformation à grande échelle s’est installée durablement afin de promouvoir une pseudo-écologie antinucléaire fondée sur une puissante organisation idéologique informelle bâtie sur la peur, l’émotion, et parfois même le mensonge.

Ainsi, il est passé sous silence que, pour quasiment la même production électrique, l’Allemagne a installé un équipement double de celui de la France : 123 gigawatts (GW) d’énergies renouvelables intermittentes (EnRI) et presque autant de « pilotables » (115 GW). Elle est donc parée pour les périodes sans vent et sans soleil… grâce au gaz et au charbon, ce que peu de médias soulignent !

La France (dite « en retard » par les pro-renouvelables) n’a installé (heureusement) « que » 32 GW d’EnRI.

Pourtant, les résultats de l’Allemagne sont peu reluisants en matière de CO2 car ses centrales au charbon fonctionnent à pleine puissance (dans un silence médiatique assourdissant) pour compenser les prix actuels du gaz !

Trois enseignements peuvent être tirés de cette situation :

  • 1) Un fort développement de renouvelables intermittents oblige à garder des sources de production pilotables réactives, notamment au gaz, et ne diminue pas les émissions de gaz à effets de serre.
  • 2) L’absence de nucléaire oblige à conserver des centrales utilisant des carburants fossiles émettant beaucoup de CO2.
  • 3) La montée des prix du gaz oblige certains pays, notamment l’Allemagne, à utiliser le charbon en substitution (gros émetteur de CO2).

Nucléaire en France : 40 ans, la force tranquille en marche après plus de 20 ans de procrastination

Par Michel Gay

Le 21 août 2023, la durée de vie du réacteur nucléaire n°1 de la centrale du Tricastin dans la Drôme a été officiellement prolongée de 10 ans par l’Autorité de sureté nucléaire (ASN). Il s’agit du premier réacteur nucléaire qui pourra continuer à fonctionner après 40 ans d’activité, d’abord jusqu’à 50 ans, et peut-être jusqu’à 60 ans comme aux Etats-Unis, voire plus.

Un évènement majeur

L'événement est majeur pour la France qui mise plus que jamais sur la prolongation de la durée de vie de ses réacteurs nucléaires pour assurer une production massive d’électricité sur le long terme, et aussi pour atteindre ses objectifs climatiques dans le cadre de la transition énergétique.

Toutefois, contrairement à de fausses affirmations diffusées par certains médias, ce n’est pas une autorisation pour poursuivre l’exploitation de ce réacteur « au-delà de sa durée théorique de fonctionnement maximal », car les 40 ans n'ont jamais été une durée théorique de fonctionnement maximal.

Cette prolongation est l’aboutissement du programme « Grand carénage », mené par EDF depuis 2014 et estimé à 66 milliards d’euros, pour rénover le parc des réacteurs nucléaires français et améliorer leur sûreté afin de poursuivre leur exploitation au-delà de 40 ans.

Il y a quelques mois, le gouvernement a lancé des études « permettant de préparer la prolongation de la durée de vie des centrales existantes  à 60 ans et au-delà ».

L’Union européenne : une belle idée dévoyée en empire totalitaire par des eurocrates

Par Michel Gay

Article écrit à partir d’extraits du discours de Philippe Séguin de 2h30 sur l’Europe le 5 mai 1992 à l’Assemblée nationale

Philippe Séguin invitait le 5 mai 1992 l’Assemblée nationale à opposer l'exception d'irrecevabilité au projet de loi constitutionnelle présenté par le Gouvernement aux députés comme préalable à la ratification des accords de Maastricht négociés le 10 décembre 1991 par les chefs d’État et de gouvernement des pays membres des communautés européennes, et signés le 7 février 1992.

Selon Philippe Séguin, ce projet de loi violait le principe même de la souveraineté nationale inaliénable et imprescriptible, ainsi que le principe de la séparation des pouvoirs, en dehors duquel une société doit être considérée comme dépourvue de Constitution.

Pourquoi la Légion d'honneur ?

Par Michel Gay

Simple récompense du prince, voire vulgaire "hochet" pour certains, véritable honneur décerné par l'institution républicaine et récompensant des "mérites éminents" pour d'autres, la Légion d'honneur ne laisse jamais indifférent.

Mais pourquoi Bonaparte a-t-il créé la Légion d'honneur ?

Une masse de granit

Napoléon Bonaparte était certes un génie militaire mais, vers 1800, sa priorité était de reconstruire une France à l'agonie, ruinée, haineuse et désespérée. La Terreur puis le Directoire avaient laissé le pays dans une déliquescence telle que "le peuple avait démissionné" selon le terme de Roederer en juin 1799 (prairial an VII).

Entre deux fulgurantes victoires, Bonaparte rentrait à Paris pour relancer l'économie, refonder l'industrie, bâtir les infrastructures et organiser l'administration dans un pays qui en était dépourvu. Il forgea la préfectorale, les administrations judiciaire et fiscale telles qu'elles existent encore aujourd'hui, après plus de 200 ans.

Mais, son grand projet était de réaliser ce qu'il appelait "la fusion".

Convaincu qu'aucun redressement ne serait possible sans d'abord réaliser une unité nationale, il s'attela à rassembler toutes les fractions d'un peuple qui se haïssaient et se jalousaient en les forçant à travailler ensemble. Il voulait reconstituer des "masses de granit" capable de recréer du lien dans un peuple sans repère.

C'est ainsi que naquît l'idée d'une "noblesse démocratique", d'une "légion" qui devait, selon Bonaparte, inspirer l'exemple.

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