L’hydrogène blanc est trouble !

Par Michel Gay

L’affaire de l’hydrogène dit « blanc », ou natif, ou naturel (qui ne résulte pas d’une transformation issue humaine du gaz ou de l’électrolyse), dont « regorgerait » la terre et qui serait « présent partout sur la planète » n’est pas clair du tout. Un relent d’idéologie pour promouvoir la « civilisation hydrogène » et de recherches acharnées de subventions planent sur sa promotion forcenée.

Un hydrogène presque arc-en-ciel…

Il y avait déjà l’hydrogène « gris » issu du gaz naturel dans l’industrie, puis l’hydrogène « vert » issu de l’électrolyse avec de l’électricité décarbonée.

Aujourd’hui l’hydrogène apparaît sous… 8 couleurs ! (Noir, gris, bleu, turquoise, rose, jaune, vert, blanc).

La couleur blanche définit l’hydrogène à l’état naturel se trouvant (rarement) dans des couches géologiques, et dont il n’existe actuellement aucune méthode durable pour exploiter économiquement ces gisements épars.

Plutonium, mon amour ! (3/3)

Par Dominique Grenêche et Michel Gay

Troisième partie

Perspectives de développement

 

Les programmes mondiaux 

En dehors des programmes nationaux, il existe un cadre international de coopération en matière de développement de la R&D sur les RNR : le Forum international Génération IV (GIF) qui a été créé en 2001. Cet organisme rassemble aujourd’hui 13 pays, dont les principaux grands pays industriels, ainsi que Euratom. Cet organisme, mis en place en 2007 pour structurer et promouvoir le développement d’une énergie nucléaire durable, est chargé de superviser et de soutenir les travaux des pays membres de l’Union Européenne, notamment au travers de sa « plateforme technologique pour un nucléaire durable » SNETP (Sustainable Nuclear Energy Technology Platform) dans laquelle la France est présente.

Nucléaire : pas de plutonium, pas de surgénération !

Par Dominique Grenêche et Michel Gay

La surgénération nucléaire représentera nécessairement le socle de la production d’électricité et de chaleur vers la fin de ce siècle, et les siècles suivants, car le seul élément fissile naturel sur terre, l’uranium 235 (U235) sera devenu rare.

La surgénération consiste à créer de la matière fissile, essentiellement du plutonium, en quantité supérieure à celle consommée dans le réacteur en fonctionnement en utilisant 100 (!) fois mieux l’uranium naturel (Unat) qu’aujourd’hui, et en produisant moins de déchets radioactifs à vie longue (ceux qui restent radioactifs au-delà de 500 ans). Dans un réacteur nucléaire, ce plutonium est créé par réaction nucléaire (capture d’un neutron) sur l’uranium 238 (U238) contenu dans l’uranium naturel, dans une proportion de 99,3 % (l’U235 ne constitue donc que 0,7 % de l’uranium naturel).

Une prouesse incroyable !

Pour utiliser une image, il s’agit littéralement de fabriquer dans une voiture en circulation plus de carburant que celle-ci en consomme pour permettre ensuite d’alimenter d’autres véhicules, et le tout avec moins de déchets dangereux !

Plutonium, mon amour ! (2/3)

Par Dominique Grenêche et Michel Gay

Deuxième partie

Le secret de la surgénération

Il s’agit de créer dans un réacteur nucléaire de la matière fissile, le Pu, en quantité supérieure à celle que l’on consomme en fonctionnement.

Autrement dit, il s’agit d’un véhicule dont le moteur fabrique plus de carburant qu’il en consomme en roulant !

Cette prouesse a même été mise en œuvre à une échelle industrielle.

En effet, le nombre moyen de neutrons émis par fission est significativement supérieur pour le Pu239 absorbant des neutrons rapides (2,33) que pour l’U235 absorbant des neutrons lents (2,07). 

Or, pour espérer produire plus de Pu que celui consommé, il faut dépasser nettement la valeur 2.

En effet, un neutron est absorbé dans un autre noyau fissile (afin d’entretenir une réaction en chaine), et un autre est absorbé dans le noyau fertile (U238) pour donner naissance à un nouveau noyau fissile (Pu239). Comme une fraction des neutrons issus des fissions est perdue par captures stériles, ou par des fuites à l’extérieur du cœur du réacteur, ce facteur de reproduction doit dépasser nettement la valeur 2, ce qu’offrent les fissions sur le Pu avec des neutrons rapides.

Plutonium, mon amour ! 1

Par Dominique Grenêche et Michel Gay

Première partie

De quoi s’agit-il ?

Tout comprendre sur les enjeux mondiaux du futur nucléaire à partir de réacteurs à neutrons rapides (RNR) surgénérateurs au plutonium (Pu) qui produiront le futur carburant mondial de synthèse pour la production d’électricité et de chaleur, véritable clé de voute d’une production d’énergie propre et durable pour des milliers d’années.

Optimiser l’utilisation de l’uranium naturel

La finalité principale des RNR surgénérateurs est de remplacer les réacteurs nucléaires actuels à neutrons lents (RNL) qui n’utilisent qu’environ 0,6 % de l’uranium naturel (Unat) pour produire de l’énergie. Et il n’existe aucun moyen pour espérer améliorer significativement cette piètre performance.

Or, les ressources économiquement exploitables d’Unat s’épuiseront à la fin de ce siècle, ce qui pourrait entrainer une extinction progressive de l’énergie nucléaire faute de pouvoir extraire de l’Unat du sous-sol à des coûts raisonnables.

Vivre plus longtemps avec moins de cancers grâce à la radioactivité ?

Par Théo Richel et Michel Gay

Attention : cet article s’appuie sur les dernières connaissances scientifiques sur la radioactivité, mais sa conclusion, qui est une très bonne nouvelle, pourrait contrarier quelques convictions antinucléaires.

Vivre plus longtemps grâce à la radioactivité ?

En août 1945, les bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki ont fait 200 000 morts mais plus de 350 000 personnes ont survécu à quelques kilomètres de la détonation bien qu’ayant reçu une quantité considérable de radiations.

Au 31 mars 2023, environ 80 ans après les explosions, 113 649 d'entre eux étaient encore en vie. Leur âge moyen est de 85,01 ans. C’est remarquable car l'espérance de vie actuelle des Japonais est de 84,14 ans.

Selon le professeur Shizuyo Sutou de l'université Shujitsu d'Okayama : « En moyenne, la durée de vie des survivants de la bombe atomique est plus longue que celle des Japonais en général, et ils développent autant de cancers ».

L’un d’eux est décédé l'année dernière (2022) à l’âge de 111 ans. Sunao Tsuboi qui a accueilli le président Obama à Hiroshima, est décédé à 96 ans en 2021.

Il y aura au moins 82 centenaires parmi les survivants d’Hiroshima et de Nagasaki selon le professeur Sutou.

La belle entourloupe de l’Hyperloop

Par Michel Gay

Elon Musk est un génie, y compris pour faire prendre des vessies pour des lanternes. Depuis 10 ans, en s’appuyant sur sa réussite fulgurante (Tesla, SpaceX), il a réussi le tour de force de faire investir des centaines de personnes et des start-ups dans l’avenir du train « révolutionnaire » à très grande vitesse Hyperloop (plus de 1000 km/h) circulant dans un tube partiellement sous vide d’air.

Mais l’objectif d’Elon Musk n’était peut-être que de faire rêver avec l’argent… des autres, c’est-à-dire le nôtre au travers des impôts et des taxes (la SNCF a aussi investi 80 millions d’euros (M€) dans cette belle folie en 2016, la métropole de Toulouse 5,5 M€, et la Région Nouvelle-Aquitaine 2 M€).

Origine du dogme antinucléaire

Par Michel Gay

La radioactivité, impalpable, invisible et sans odeur, est un sujet naturellement angoissant qui favorise les mensonges antinucléaires afin d’attiser les peurs irrationnelles.

Qui a raison ?

Est-ce celui qui annonce que le radon de la Forêt Noire provient de Tchernobyl, ou celui qui fait remarquer que c’est un gaz naturel issu du sol depuis la nuit des temps ?

Est-ce celui qui annonce que la radioactivité a provoqué des millions de morts suite à la catastrophe de Tchernobyl, ou celui qui annonce 31 morts ?

Est-ce celui qui annonce que le nuage radioactif de Tchernobyl qui a survolé la France est mortel, ou celui qui annonce que ses retombées sur une partie de la France ne présentent aucun danger pour la santé de la population ?

La vérité serait-elle quelque part au milieu ?

Seul le compteur Linky serait intelligent ?

Par Michel Gay

Maintenant que le déploiement du compteur électrique Linky présenté comme « intelligent » est quasiment terminé, le rationnement imposé de l’électricité va pouvoir débuter… après plus de 20 ans d’impéritie.

C’est « intelligent »

Un projet de décret prévoit d’effectuer, dès cet hiver, un premier test en condition réelle au cours duquel la consommation d’électricité de 200.000 Français notifiés « par voie postale », et équipés d’un compteur Linky, sera plafonnée à 3 kilowatts (kW) au lieu de 6 kW (l’abonnement des particuliers en général) pendant quelques heures.

Avec ce test, le gouvernement souhaite « déterminer » s'il est « techniquement possible de mettre en œuvre un nouvel outil pour sauvegarder le réseau électrique en cas de tension extrême, pour éviter des coupures ».

Et c’est « intelligent » parce que cela aurait pu être pire…

En effet, l’entreprise ENEDIS ne limitera que la puissance délivrée au domicile des particuliers, alors qu’il aurait pu (ou dû) la couper complètement par défaut de production d’électricité !

Il faudrait se réjouir que la puissance de certains soit limitée temporairement (quelques heures pour 200.000 « cobayes ») afin d’éviter une coupure totale et généralisée… Soyons « solidaire » !

Jusqu’à récemment, avant l’ère des ruineuses énergies renouvelables intermittentes, le réseau électrique (pas intelligent) apportait à tous, à un prix raisonnable, toute l’électricité répondant au besoin de chacun, y compris en hiver lors des pointes de froid. C’était à la production électrique, notamment nucléaire, de s’adapter à la demande.

Dorénavant, ce sera à la demande (les clients) de s’adapter aux capacités de production restreintes, surtout en l’absence de vent et de soleil…

Idéologie verte, quand tu nous tiens

Avec de meilleures décisions politiques et moins d’idéologie verte antinucléaire peu judicieuse (idiote ?) focalisée sur le vent, le soleil, l’électricité serait toujours vendue aux particuliers aujourd’hui environ 12 centimes d’euros par kilowattheure (12 c€/kWh).

Micro-nucléaire : pourquoi pas ?

Par Michel Gay

La start-up française Naarea a réalisé « une première mondiale  » dans la course aux microréacteurs nucléaires de quatrième génération à neutrons rapides et à sel fondu. C’est un petit pas encourageant pour la France, même si ce n’est pas encore un grand bond pour l’humanité.

La société Naarea

La société Naarea (Nuclear Abundant Affordable Resourceful Energy for All) a embauché son premier employé en 2022. Elle vient de réaliser une innovation importante en faisant tourner un sel fondu à 700°C dans une boucle entièrement en carbure de silicium contenant du graphène. Cette avancée est une étape préliminaire pour permettre la mise au point d’un petit réacteur nucléaire modulaire.

Selon Naarea, cette céramique en carbure de silicium qui résiste à la corrosion est idéale pour le cœur d’un petit réacteur en production de masse.

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